La vie des pêcheurs de l’Ametlla de Mar : traditions, métiers et techniques de pêche
Le port de pêche est l’un des lieux les plus représentatifs de cette identité. Chaque jour, les bateaux prennent la mer à des horaires différents et utilisent des techniques adaptées aux espèces qu’ils capturent. Cette diversité des techniques de pêche est l’une des particularités du secteur de la pêche local.
Le chalutage : la pêche au « bou »
La pêche au chalut, connue localement sous le nom de pêche au « bou », est l’une des techniques de pêche les plus traditionnelles de l’Ametlla de Mar. Elle consiste à remorquer un filet sur le fond marin afin de capturer des espèces telles que le merlu, la baudroie, le rouget, la galère ou la crevette, entre autres. Les bateaux sortent généralement le matin et reviennent au port pour décharger leurs prises, qui sont ensuite commercialisées à la criée. Il s’agit d’une activité importante pour l’approvisionnement en poisson frais, soumise à des réglementations visant à concilier la pêche avec la préservation des ressources marines.
La pêche à la senne : la pêche à la lumière
Une autre technique caractéristique est la pêche à la senne, connue sous le nom de pêche à la lumière, qui cible principalement des espèces de poissons bleus comme la sardine, l’anchois, le chinchard ou le maquereau. Cette pêche se pratique habituellement la nuit. Grâce à des systèmes d’éclairage, les pêcheurs rassemblent les bancs de poissons et les encerclent à l’aide d’un grand filet qui se referme par le bas.
Les bateaux rentrent généralement au port aux premières heures du matin, avec des prises qui font partie de la gastronomie traditionnelle méditerranéenne.
La pêche traditionnelle : les filets trémails, les nasses et les palangres
La pêche aux petits métiers est l’une des expressions les plus représentatives de la tradition maritime de l’Ametlla de Mar. Elle se pratique habituellement à bord de petites embarcations et nécessite une connaissance approfondie des fonds marins, des habitudes des espèces et des conditions de la mer. Parmi les techniques traditionnelles, trois engins de pêche se distinguent :
- Le filet trémail : c’est un filet composé de trois nappes superposées, calé en mer, qui permet de capturer différentes espèces, comme le rouget, la seiche ou la sole, selon la zone et la saison. C’est l’un des engins les plus représentatifs de la pêche artisanale méditerranéenne.
- Les nasses : ce sont des pièges placés sur les fonds marins, traditionnellement fabriqués à partir de matériaux végétaux et aujourd’hui également à partir d’autres matériaux. Elles sont utilisées pour capturer des espèces comme le poulpe ou la seiche, selon le type de nasse.
- Le palangre : il consiste en une ligne principale à laquelle sont suspendus plusieurs hameçons munis d’appâts. Selon la profondeur et la technique utilisée, il permet de capturer différentes espèces de poissons, comme le pagre, le denté ou le merlu.
Ces engins de pêche font partie du patrimoine culturel et maritime de La Cala et témoignent des connaissances et des techniques transmises de génération en génération au sein des familles de pêcheurs.
Le thon rouge : une référence internationale
La pêche au thon rouge est l’une des activités qui a le plus contribué au rayonnement de l’Ametlla de Mar. Elle est pratiquée à l’aide de bateaux spécialisés qui utilisent de grands filets tournants pour capturer les bancs de thons pendant les campagnes autorisées, dans le cadre d’un système de quotas et de contrôles internationaux. L’une des particularités de la commune est la présence d’installations d’engraissement du thon rouge dans les eaux côtières. Cette activité a également favorisé le développement d’expériences touristiques telles que le Tuna Tour et a fait du thon rouge l’un des grands protagonistes de la gastronomie locale.
De la mer à la table : l’importance de la criée
L’activité de pêche ne s’arrête pas au retour des bateaux. À la criée, les prises sont commercialisées par le biais d’un système de vente aux enchères et arrivent dans les poissonneries, chez les distributeurs et dans les restaurants. La Confrérie des pêcheurs de l’Ametlla de Mar joue un rôle fondamental dans l’organisation de cette activité et dans le soutien aux professionnels du secteur. Le poisson et les fruits de mer vendus à la criée constituent également la base d’une grande partie de la cuisine traditionnelle de La Cala. Des plats comme l’arrossejat ou les fideus rossejats trouvent leurs origines dans la culture gastronomique des pêcheurs et restent aujourd’hui deux des grandes références culinaires de la commune.
Une tradition qui fait partie de notre avenir
Aujourd’hui, le secteur de la pêche est confronté à des défis importants, tels que la durabilité des ressources marines, les réglementations de l’activité, l’augmentation des coûts et le renouvellement des générations. Préserver la pêche signifie également conserver une partie fondamentale de l’histoire, des connaissances et des traditions de l’Ametlla de Mar. C’est pourquoi découvrir les différentes techniques de pêche, valoriser les produits locaux et reconnaître le travail des pêcheurs constitue également une manière de découvrir notre village maritime sous un angle plus authentique.
Car à l’Ametlla de Mar, la pêche n’est pas seulement une activité économique : elle est une partie indissociable de notre identité, de notre histoire et de notre avenir.
